Billet Boursier

Un petit historique des « limit down »

Un petit historique des « limit down »

Un petit historique des « limit down »

Les actions américaines ont connu certaines des séances de négociations les plus volatiles de la dernière décennie dans le courant des dernières semaines alors que les investisseurs continuent de peser l’impact de la pandémie de COVID-19. Ces séances ont déclenché à plusieurs reprises des suspensions de négociation, communément appelées disjoncteur.

Les disjoncteurs sont des mesures réglementaires visant à suspendre temporairement les échanges sur une bourse, qui sont en place pour freiner la vente de panique. Ils s’appliquent à la fois aux grands indices de marché, tels que le S&P 500, ainsi qu’aux titres individuels et existent aux États-Unis ainsi que dans d’autres pays.

En effet, une chute de 7% pour le S&P 500 une fois les marchés ouverts déclenche un disjoncteur qui suspend la négociation des actions à l’échelle du marché pendant 15 minutes.

Ensuite, si l’indice S&P 500 (SPX), devait prolonger sa chute pour atteindre -13% le jour de la séance ordinaire de bourse une fois la reprise de la négociation suite au premier arrêt, cela déclencherait un nouvel arrêt de 15 minutes. Cependant, le disjoncteur ne s’activera pas si la baisse se produit après 15 h 25. Une baisse de 20% du S&P 500 déclencherait ce qui est connu comme un disjoncteur de niveau trois, ce qui arrêterait les échanges pour le reste de la session (comprendre le reste de la journée).

Or, cette mesure ne date pas d’hier. Les régulateurs ont mis en place les premiers disjoncteurs après le krach du 19 octobre 1987, lorsque le Dow Jones Industrial Average (DJIA) a perdu 508 points (22,6%) en une seule journée. Un deuxième incident, le soi-disant « flash crash » du 6 mai 2010, a vu le DJIA perdre près de 1 000 points (plus de 9%) en seulement dix minutes. Les prix se sont essentiellement rétablis à la fermeture du marché, mais l’incapacité des disjoncteurs après 1987 à arrêter le « crash » a amené les régulateurs à mettre à jour le système complet.

De plus, il existe également des disjoncteurs à la hausse. Ces disjoncteurs servent principalement à empêcher certains actifs d’atteindre des niveaux de volatilité trop élevés. Dans le cas haussier, ils sont limités à +5% pour les indices américains. La limite supérieure est le montant maximal par lequel le prix d’un contrat à terme sur une commodité peut progresser en un jour de bourse.

 

Qu’est-ce qu’une récession?

Suite aux événements des dernières semaines, le mot récession revient de plus en plus. Après avoir lu de nombreuses interventions, je pense qu’il est important de faire une petite mise au point pour éclairer nos lecteurs sur ce qu’est réellement une récession.

Tout d’abord, une récession est un terme macroéconomique qui fait référence à un déclin significatif de l’activité économique générale dans une région désignée. On reconnaît généralement une récession par un recul du PIB pendant deux trimestres consécutifs, accompagné d’une importante hausse du chômage. Une autre définition communément répandue au sein des économistes est : « une baisse significative de l’activité économique répartie sur l’ensemble de l’économie, qui dure plus de quelques mois, normalement visible dans le PIB réel, le revenu réel, l’emploi, la production industrielle et les ventes en gros et au détail. »[1].

La récession est une phase normale, bien que désagréable, du cycle économique. Ainsi, les récessions se caractérisent par une série de faillites d’entreprises et souvent de faillites bancaires, une croissance lente ou négative de la production et un chômage particulièrement élevé. D’ailleurs, ce dernier élément est particulièrement important considérant que la base de tout marché est basée sur l’emploi.

La douleur économique causée par les récessions, bien que temporaire, peut avoir des effets majeurs qui modifient une économie. Cela peut se produire en raison de changements structurels dans l’économie, car des entreprises, des industries ou des technologies vulnérables ou obsolètes échouent et sont balayées; des réponses politiques spectaculaires du gouvernement et des autorités monétaires, qui peuvent littéralement réécrire les règles pour les entreprises; ou bouleversements sociaux et politiques résultant du chômage généralisé et de la détresse économique, et même, par un virus!

En ce qui concerne les indicateurs annonciateurs de récessions, il existe l’ISM Purchasing Managers Index, le Conference Board Leading Economic Index et l’OCDE Composite Leading Indicator. Ceux-ci sont d’une importance cruciale pour les investisseurs et les décideurs commerciaux, car ils peuvent indiquer des signes avant-coureurs d’une récession. De plus, les séries de données publiées officiellement par divers organismes gouvernementaux qui représentent des secteurs clés de l’économie, telles que les mises en chantier et les nouvelles commandes de biens d’équipement publiées par le recensement américain peuvent aussi servir d’indicateurs. Les changements dans ces données sont souvent liés avec le début de la récession, en partie parce qu’ils sont utilisés pour calculer les composantes du PIB, qui seront finalement utilisées pour définir le début d’une récession. Enfin, des indicateurs « de confirmation » peuvent être utilisés pour confirmer le passage d’une économie à la récession après son début, comme une augmentation des taux de chômage.

En somme, nous ne sommes techniquement pas encore en récession. Est-ce qu’elle pourrait venir? Absolument, c’est une éventualité, mais rien ne confirme encore son arrivée.

[1] Traduction libre provenant de National Bureau of Economic Research (NBER)

 

Notre opinion sur la chute des marchés liée à COVID-19

Beaucoup d’incertitudes règnent au sein des marchés actuellement. En effet, la COVID-19, un événement qu’on peut maintenant qualifier de « cygne noir »[1], ou totalement imprévisible. Ainsi, actuellement, selon nous, tant et aussi longtemps que l’on n’aura pas de bonnes nouvelles ou une diminution des cas, nous ne pensons pas que nous sommes sortis du bois.

En effet, tel que l’on peut voir dans le graphique ci-dessous, le nombre de cas « hors chine » est en explosion. Les impacts de cette crise sont encore inconnus, tout comme sa fin, ce qui pousse Wall Street et Bay Street dans des mouvements irrationnels, crée par l’inconnu.

[2]

D’ailleurs, si l’on revient avec ce graphique ci-haut, notre président M. Paul a fait un parallèle avec le Dow Jones 30 (DJ-30). Comme on peut voir, il y a une forte corrélation entre le nombre de cas et les performances du Dow-Jones.

Il est alors très important de suivre l’évolution de cette courbe pour avoir une idée de la direction des marchés (lien ici : https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6).

Maintenant, pour le négociant actif, la meilleure façon d’en profiter est par les options ou par des fonds négociés en Bourse tel que le « ProShares Short S&P500 (NYSE :SH) ». Ce fonds, utilisant le S&P 500 comme référence, vise à inverser la performance de l’indice. Ainsi, lorsque le S&P 500 connaît une hausse, ce FNB connaît une baisse, et vice-versa. On comprend donc rapidement comment on peut bénéficier de ce type de FNB lors de marchés baissiers. Cet outil existe aussi sous levier, via des FNB tels que le « ProShares UltraShort S&P500(NYSE :SDS) » qui inverse en double les performances de l’indice, et le « ProShares UltraPro Short S&P500 (NYSE : SPXU) », qui inverse pour sa part en triple le mouvement du S&P 500.

Par Nicolas Gauthier, B.A.A. profil Finance et contributeur chez DayTrader Canada

 

[1] Une théorie selon laquelle on appelle cygne noir un certain événement imprévisible qui a une faible probabilité de se dérouler (appelé « événement rare » en théorie des probabilités) et qui, s’il se réalise, a des conséquences d’une portée considérable et exceptionnelle. Taleb a, dans un premier temps, appliqué cette théorie à la finance. En effet, les événements rares y sont souvent sous-évalués en termes de prix.

[2] https://gisanddata.maps.arcgis.com/apps/opsdashboard/index.html#/bda7594740fd40299423467b48e9ecf6

 

Sources :

https://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9orie_du_cygne_noir

https://www.investopedia.com/terms/r/recession.asp

https://www.ig.com/uk/glossary-trading-terms/limit-up–limit-down-definition

https://www.marketwatch.com/story/us-stock-index-futures-trigger-limit-down-rule-heres-how-limit-rules-and-stock-market-circuit-breakers-work-2020-03-16

https://www.cmegroup.com/trading/equity-index/faq-sp-500-price-limits.html

https://www.investopedia.com/terms/c/circuitbreaker.asp

https://www.investopedia.com/terms/t/tradingcurb.asp

Avis et déclaration:

L’auteur de ce billet déclare ne détenir aucune position dans les titres mentionnés et de ne pas avoir l’intention d’initier une position dans les 72 prochaines heures. Cet article est une opinion et ne doit en aucun temps être considéré comme un conseil en investissement.

Le contenu de ce billet, les données financières et économiques incluant les cotes boursières ainsi que toutes analyses et interprétations de celles-ci sont fournies à titre d’information seulement et en aucun cas ne doivent être considérées comme étant une recommandation ou un conseil d’acheter, de vendre, de vendre à découvert ou poser tout autre acte envers toute valeur mobilière, tout instrument dérivé ou tout actif ou classe d’actif quelconque.

L’investissement autonome actif devrait être considéré comme une activité de nature spéculative qui de par cette nature peut comporter des risques importants pouvant entraîner des pertes significatives en capital. Un investisseur autonome actif se doit d’avoir une compréhension de sa tolérance au risque et de ses objectifs d’investissement avant de considérer l’investissement autonome actif comme activité.

DayTrader Canada et les membres de son équipe ainsi que les collaborateurs externes ne peuvent donner aucune garantie ni assurance que les transactions boursières effectuées par ses lecteurs ou clients seront profitables. De plus, les membres de l’équipe de DayTrader Canada, ses formateurs et les collaborateurs externes, ne donneront, en aucun cas durant des formations ou toutes autres activités, des recommandations d’achat ou de vente sur des instruments financiers en particulier.

DayTrader Canada, ses administrateurs, dirigeants, employés et mandataires ne seront aucunement responsables des dommages, pertes ou frais encourus à la suite de la mise en application des notions apprises dans ses formations et/ou de l’utilisation de ses services.

Add comment


Solve : *
9 ⁄ 3 =