Nouveau variant, mêmes opportunités?

Par Olivier Gélinas, Analyste Financier, Contributeur pour DayTrader Canada

 

L’apparition d’une nouvelle variation du coronavirus, nommé Omicron cette fois-ci, amène son lot de déjà-vu. Une vague de panique et d’incertitudes, des marchés financiers frileux et des métriques en déroutent sont tous au menu pour une deuxième tournée. Toutefois, cette nouvelle phase est accompagnée d’une population exténuée aux prises avec des problèmes d’approvisionnement, de pressions inflationnistes et d’un tout nouveau regard sur le marché des cryptomonnaies. Faisons le point sur les éléments clés de la dernière semaine.

 

La nouvelle variation du virus, B.1.1.529 ou encore plus amicalement, Omicron, a été découverte au Botswana la semaine dernière. Il s’agit du même type de virus déjà connu des chercheurs toutefois, ayant été reporté comme fortement modifié. Il serait encore plus dommageable pour la santé et de transmissibilité accrue. Encore très peu d’information est connue de cette mutation, toutefois cette annonce a précipité plusieurs pays à émettre des interdictions de voyager. À ce jour, le nouveau variant a été diagnostiqué en Afrique du Sud, Hong Kong, Belgique et ici même, au Canada, notamment au Québec et en Ontario.

 

Il ne fallut que quelques heures aux différents marchés boursiers afin d’afficher leurs craintes. L’index S&P 500 a enregistré son pire jour depuis février lors du 26 novembre. Un recul de 2.3% pour le S&P, un retrait de 2.2% du NASDAQ et les marchés européens ont eux aussi enregistré des baisses entre 3 et 5%. Ce retrait global découle de l’incertitude et de la volatilité qui était déjà bien présente sur les marchés et l’économie. Le sentiment était mutuel sur les marchés asiatiques, où le Nikkei 225 aura perdu 2.5% et 2.7% à Hong Kong.

 

Le pétrole aura également enregistré un revers important. Le prix du baril chuta de près de 13%, se glissant sous la barre des 70$, un niveau clé dans le marché. Cette dégringolade marque la pire journée de 2021 pour le pétrole, où le WTI (West Texas Intermediate) a également terminé sa chute sous sa moyenne mobile 200 jours, un second niveau clé de l’analyse technique dans l’industrie. Cette panique ravive la peur déjà bien présente sur les marchés mondiaux, à propos de la disponibilité de la ressource. Comme mentionné dans notre billet du 13 octobre dernier, la crise énergétique à laquelle plusieurs pays font face ne sera qu’amplifiée par davantage de ruptures dans la chaîne d’approvisionnement. Une situation qui deviendra plus difficile à supporter pour les ménages.

 

La réaction a été d’autant plus vive auprès de nos économistes. Jerome Powell, Président de la Réserve fédérale américaine, indiquait ce lundi que l’apparition du variant compliquera la récupération de l’économie mondiale. M. Powell note entre autres l’essoufflement de la classe ouvrière, qui pourrait perdre motivation à travailler dans un environnement à risque élevé. Une pression additionnelle dans la chaîne d’approvisionnement déjà fragilisée. Alors que les instances gouvernementales commencent à peine à réduire leurs apports financiers auprès des familles afin de stimuler le retour au travail, certains craignent une résurgence de postes temporairement suspendus donnant suite à une nouvelle foulée d’interdictions.  Ce phénomène pointe encore une fois, vers une poussée de l’inflation, qui connaît déjà une croissance au-delà de la fourchette ciblée par la Banque du Canada. La métrique, qui est normalement contenue dans la tranche de 1% à 3%, s’est retrouvée en excès de la cible au cours des 7 derniers mois et 2022 ne s’annonce guère mieux.

 

Malgré le recul généralisé des marchés, un portrait différent commençait à faire surface ce lundi. Les analystes ont recalculé les impacts potentiels de cette nouvelle vague et un nouveau souffle semble s’être installé. Moderna (NASDAQ :MRNA) a annoncé que des travaux étaient déjà entamés sur la production d’un nouveau vaccin ciblant davantage le variant Omicron. Non seulement les recherches ont été rapidement entreprises, un vaccin serait potentiellement disponible aussi rapidement que début 2022. Alors que le moral est plutôt à plat sur les marchés, il n’en fallait pas plus pour propulser le titre de Moderna à la hausse. Un gain de 12% a été enregistré à la clôture de la session du 29 novembre, un sentiment qui semble s’être répandu aussi rapidement que la nouvelle du nouveau variant sur la Bourse. Le TSX reprit 23 points tandis que le S&P 500 regagne 60 points. Le WTI a également su effacer quelques traces de l’anxiété de vendredi, finissant à 70.75$ le baril, et ce, malgré le voile d’incertitude qui demeure sur l’industrie et son approvisionnement.

 

Passons un coup d’œil rapide au titre de Pfizer (NYSE :PFE) suite à l’annonce de Moderna. Le titre, ayant enregistré une progression rapide de près de 8% en 2 jours après la découverte du variant Omicron, chuta ce lundi de 3%. Nul ne serait surpris si une nouvelle annonçant une possible version améliorée du vaccin sortait dans les prochains jours.

 

Non seulement, le marché boursier s’est plus vigoureux, le marché des cryptomonnaies en a fait autant. Alors que le Bitcoin a vu son prix diminué de 10%, glissant sous la barre de 54,000$ US, il aura repris ses esprits, remontant à 58,000$. Comme la plus grande capitalisation dirige toujours le marché des actifs digitaux, la majorité des actifs digitaux alternatifs ont emboîté le pas. Chose inusitée, une fois le terme Omicron connu de tous, la cryptomonnaie portant ce nom s’est littéralement enflammé. La devise digitale Omicron, ou sous son ticker OMIC, s’est propulsée de 70$ à 690$ en moins de 2 jours, affichant un rendement de 886% aux traders les plus avertis! L’actif a depuis perdu son momentum et se retrouve à 215$ au moment de la rédaction de ce billet, représentant tout de même un retour de 207%. Une autre preuve que les actifs digitaux sont à la fois des véhicules à rendements intéressants, mais comportant également un niveau de risque et de volatilité incroyable.

 

Quoi qu’il en soit, les différentes vagues de pandémie reliées au coronavirus commencent à nous montrer une tendance qui n’est pas soutenable à long terme. Cette circularité, malgré qu’elle puisse accroître les rendements de certains investisseurs, se voit surtout détrimentaire sur plusieurs autres fronts. Les premiers fronts étant notre économie, notre pouvoir d’achat et notre santé mentale.

 

 

Sources : 

https://www.bnnbloomberg.ca/moderna-surges-after-saying-omicron-vaccine-ready-early-2022-1.1688335

https://www.cnbc.com/2021/11/29/fed-chair-powell-says-omicron-variant-poses-risk-to-economy-complicates-inflation.html

https://www.bnnbloomberg.ca/oil-rises-as-traders-evaluate-market-signals-omicron-variant-1.1688264

https://www.nytimes.com/2021/11/29/business/global-stock-markets-omicron.html

https://www.cnn.com/2021/11/29/business/omicron-variant-cryptocurrency/index.html

https://www.cnn.com/2021/11/26/africa/new-covid-variant-discovered-south-africa-b11529-intl/index.html

https://www.nytimes.com/2021/11/26/business/covid-variant-stock-market-oil-prices.html

 

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