La vague déferlante des Big 6

Par Olivier Gélinas, Analyste Financier, Contributeur pour DayTrader Canada

 

Les banques n’auront pas perdu de temps à répondre à l’autorisation des régulateurs sur la gestion de leur surplus et liquidités. Ces limites ayant été mises en place par le BSIF (Bureau du Surintendant des Institutions Financières) lors de la première vague du coronavirus ont été laissées sur les lignes de côtés alors que l’incertitude diminue. L’autorisation n’est évidemment pas passée inaperçue auprès du secteur financier. Si vous avez eu la chance de lire notre billet d’il y a 3 semaines, les compagnies d’assurances y sont allées allègrement avec les augmentations de dividendes. Cette semaine, nous avons eu droit à la réciproque au niveau bancaire.

 

Les annonces ont été nombreuses venant de nos 6 plus grandes banques canadiennes. La première à lancer le bal a été la banque de la Nouvelle-Écosse (TSX : BNS). La BNS ne s’est pas gênée pour montrer ses couleurs mardi dernier. Une augmentation du dividende de 11%, plaçant le paiement annuel à 4$. Cette augmentation a également été accompagnée de l’annonce du rachat de 24 millions d’actions. La Scotia justifie entre autres ces annonces avec leur année fiscale 2021 hors pair. Des revenus de 9.96 milliards, une croissance de 45% sur l’année 2020. Les investisseurs semblent avoir bien apprécié ces nouvelles, où le titre est monté à 82.50$, une croissance de 3.45% en 1 journée.

 

La Banque Royale du Canada (TSX :RY) emboîta le pas, annonçant à son tour une augmentation de dividende de 11%, plaçant le versement trimestriel à 1.20$. La 1ère banque d’importance au Canada est présentement dans l’attente de l’approbation du BSIF de leur programme de rachat de 45 millions d’actions. Les profits de la RBC ont augmenté de 40% comparativement à 2020, découlant majoritairement de leur division bancaire personnelle et commerciale. Les derniers résultats de la banque ont manqué le consensus des analystes, mais le management en place demeure confiant de la solidité de leur performance. À noter que la RBC a relâché 227 millions précédemment placés en allocation pour prêts en défaut. Il s’agit du 3e trimestre consécutif pour lequel ces allocations ont été relâchées, une preuve additionnelle de la solidité du secteur bancaire.

 

Du côté de la Banque Nationale (TSX :NA), un recul de 3.5% du titre a été enregistré lors des annonces, et ce, malgré de bonnes nouvelles. Alors que les attentes étaient élevées pour la BNC, une augmentation du dividende de 23% a été annoncée, ce qui tombait sous les attentes de certains analystes. Un plan de rachat de 7 millions d’actions a également été dévoilé. Les profits de la BNC ont suivi la tendance du secteur, avec une augmentation de 53% sur l’an dernier. La baisse soudaine s’explique notamment par l’anticipation des résultats ayant déjà été inclus dans le prix de l’action précédent les annonces.

 

La banque Toronto-Dominion (TSX :TD) ainsi que la Canadian Imperial Bank of Commerce (TSX :CM) ont toutes deux annoncé augmentation de dividendes et programme de rachat. La TD augmentera son dividende de 12.7%, en rachetant jusqu’à 50 millions d’actions. La deuxième banque d’importance affiche les marges les plus faibles toutefois a surpris les investisseurs en prenant de l’expansion aux États-Unis. Un montant de 123 millions de dollars a été relâché des allocations pour mauvaises créances, tout comme RBC. Du côté de la CIBC, des résultats mitigés ont été présentés. Une croissance des revenus de 10%, contré par un 13% d’augmentation des coûts. Cela n’empêcha toutefois pas la banque d’augmenter leur dividende de 10.2%, en ayant l’intention de racheter 10 millions d’actions. Les dirigeants de la CIBC pointent vers une année 2022 avec une croissance plus élevée des coûts, mais également des revenus.

 

La Banque de Montréal (TSX :BMO) a été la dernière au marché cette semaine avec leur annonce de 25% d’augmentation du dividende, pour atteindre 1.33$. 3.5% des actions devraient être rachetées, soit 22.5 millions d’actions. Les profits du dernier trimestre ont été 1.6 milliard plus élevé que l’an dernier. La direction mentionne que les travaux d’efficience au niveau des coûts effectués en 2021 se traduiront en dépenses virtuellement identiques en 2022. Ces coupures de coûts, quoique positifs sur les marges opérationnelles, pourraient devenir un enjeu dans les trimestres à venir, surtout considérant la situation de pénurie de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs.

 

D’ailleurs, la pénurie de main-d’œuvre aura amené son pesant d’or pour les employés de nos banques. Des bonus jusqu’à 18% plus élevés ont été remarqués cette année dans les banques. Cette augmentation substantielle est intimement reliée avec la rétention des employés existants. Alors que la recherche de nouvelles ressources se fait difficile, un déploiement plus important des incitatifs monétaires était de mise. Selon des données compilées par Bloomberg, RBC déploiera 7.15 milliards en bonus cette année, alors que la deuxième banque, la BMO, déboursera 3.15 milliards. Ces mesures bonifiées touchent non seulement les positions seniors, mais également les positions de juniors. Alors que les activités bancaires et d’investissement ont atteint des niveaux records en 2021, les banques désiraient avant tout sécuriser leurs ressources humaines par peur de les perdre au plus offrant.

 

Néanmoins, les investisseurs ont eu droit à un cadeau de Noël en avance cette année avec toutes ces annonces de dividendes et de rachat. Le secteur bancaire demeure un créneau important de notre économie et de complètement l’exclure d’un portefeuille à titres canadiens ferait froncer les sourcils de plusieurs. Les annonces de cette semaine sont une preuve que la solidité financière de nos institutions n’est pas remise en question, et ce, même après quelques vagues du coronavirus. Il restera cependant à confirmer si la dernière variante du virus, Omicron, amènera à son tour son propre lot de limitations. Des restrictions additionnelles pourraient rapidement replonger les investisseurs et compagnies dans l’incertitude, sentiment qui est encore aujourd’hui bien réel sur les marchés.

 

Sources : 

https://financialpost.com/fp-finance/banking/td-bank-hike-dividend-13-as-profit-beats-expectations

https://www.bnnbloomberg.ca/rbc-hiking-dividend-buying-back-shares-despite-q4-profit-miss-1.1689510

https://www.bnnbloomberg.ca/scotia-hikes-dividend-plans-24m-share-buyback-amid-profit-beat-1.1688924

https://globalnews.ca/news/8422762/bmo-earnings-dividend/

https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2021-12-01/la-nationale-aux-prises-avec-les-attentes.php

https://www.bloomberg.com/news/articles/2021-12-03/bank-bonuses-in-canada-rise-18-on-boom-time-battle-for-talent

 

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