Billet Boursier

Comment transiger la volatilité dans l’industrie pétrolière?

Comment transiger la volatilité dans l’industrie pétrolière?

Comment transiger la volatilité dans l’industrie pétrolière?

Le pétrole est actuellement au centre de l’attention de l’univers financier. Ainsi, pour le négociant actif, cela créer énormément de volatilité, ce qui est souhaitable, volatilité étant mère d’opportunités.

Avant de vous indiquer ou porter votre regarde parmi ce chaos, un avis à la prudence est de mise. Certes, bien que plusieurs souhaitent transiger des fonds négociés en bourse reliés au pétrole, je me dois de vous mettre en garde contre le fonds négocié en bourse ARCA : USO. Étant le plus grand fond négocié en bourse pétrolier, le United States Oil Fund est surveillé par de nombreux investisseurs et négociant.

En revanche, de nombreux investisseurs peuvent pensent à tort qu’il s’agit d’un investissement direct pour investir dans le prix « spot » ou le vrai prix du pétrole. Or, ce n’est pas le cas. Le fonds ayant pour objectif de suivre le plus fidèlement possible le contrat à terme (juste à cliquer ici pour en apprendre plus sur les contrats à terme) sur le pétrole du mois à suivre, dans la majorité des cas, il suivra le prix « spot », mais pas dans des temps exceptionnels tels que ceux vécus récemment.

Pour bien comprendre le fonctionnement du USO, chaque mois, environ deux semaines avant l’expiration de ce contrat du prochain mois, USO et des fonds similaires commencent à acheter le prochain contrat à terme. Or, ces temps-ci, très volatil, le Fonds négocié en Bourse a de la difficulté à suivre, ainsi, il y a une déconnexion entre son prix et le prix du pétrole.

De ce fait, de nombreux investisseurs peuvent se faire prendre avec de très importantes pertes. Au moment d’écrire ces lignes, le fonds fait tout en son possible pour ne pas tomber à 0 et ainsi éviter de nombreuses pertes aux investisseurs. D’ailleurs, ils ont annoncé un « reverse split », ou « un regroupement d’actions » un pour huit qui entrera en vigueur après la clôture du 28 avril. Cela signifie qu’ils vont consolider le nombre d’actions existantes en moins d’actions, proportionnellement plus chères. Le processus implique qu’une entreprise ou un fonds réduise le nombre total de ses actions en circulation sur le marché libre, et est souvent de mauvais augure pour un titre.

En somme, si vous désirez prendre des positions sur l’industrie pétrolière il existe d’autres alternatives plus sures. Dans un premier temps, transiger des titres du secteur pétrolier tel que Chevron Corporation (NYSE : CVX), Exxon Mobile Corporation ( NYSE : XOM) et bien d’autres représente une manière moins volatile d’être exposé à la commodité. Dans un second temps, les Fonds négociés en bourse du secteur de l’énergie tel que le Energy Select Sector SPDR Fund (ARCA : XLE) sont aussi une bonne option. Finalement, à court terme, il possible de profiter de de la situation du manque d’entreposage, puisqu’on a pu remarquer que le manque d’entreposage physique faisait monter le prix des titres de compagnies de transport de pétrole qui offrent de l’entreposage à court terme sur leurs pétroliers. En voici quelques exemples : Scorpio Tankers (NYSE: STNG), DHT Holdings Inc (NYSE: DHT) et Teekay Tankers Ltd. (NYSE: TNK).

 

 

Le prix du pétrole dans le négatif : qu’est-ce que cela signifie?

Lundi, les contrats à terme sur le baril américain West Texas Intermediate (WTI) pour livraison en mai, dont c’était le dernier jour de cotation, ont dégringolé a -40.32 $ US, une historique chute de plus de 300%, alors qu’il s’échangeait aux alentours de 17 $ US au début de la journée. De plus, du côté canadien, le Western Canadian Select, soit le baril de pétrole provenant des sables bitumineux canadiens, avait quant à lui plongé sous le seuil de 0 $ US dimanche soir. Tel que l’on peut voir dans le graphique ci-dessous, la situation frappe l’imaginaire :

Maintenant, la question qui est sur toute les lèvres est : pourquoi est-ce que le pétrole a chuté aussi rapidement? Selon moi, il s’agit d’une multitude de facteurs. Tout d’abord, celle qui nous vient en tête en premier est la baisse importante de la demande de pétrole due à de nombreuses fermetures d’entreprises et une baisse des déplacements causée par la pandémie de COVID-19. (ce point a été couvert dans le billet de la semaine dernière.).

Ensuite, un autre élément important de cette chute est la guerre des prix qui fait actuellement rage au sein de l’industrie pétrolière. En effet, depuis 2016, les Américains ont profité des coupes faites par l’OPEP et la Russie pour continuer d’augmenter leurs parts de marchés, pour finalement atteindre le rang de premier producteur mondial de pétrole, ce qui a créé un certain mécontentement au sein de plusieurs gros joueurs autour du globe. Ce mécontentement a été exacerbé en mars dernier, alors que l’Arabie saoudite a demandé à l’OPEP et à la Russie de réaliser une autre coupe pour aider à soutenir le prix du baril de pétrole, voyant la demande diminuer aux suites du COVID, et la Russie a refusé, refus qui a créé la baisse que l’on a connue avant la nouvelle de la semaine dernière. Or, tel que mentionné dans le billet de la semaine dernière, le retour de la Russie sur sa décision était : « trop peu, trop tard ».

Finalement, un dernier élément à considérer est le manque de stockage qui commence à se faire ressentir. Cela pousse également le prix de la commodité vers le bas, puisque dans l’éventualité où il manquerait d’espace, les pays seraient dans l’obligation de vendre leur pétrole au plus offrant, exerçant une pression supplémentaire sur un baril de pétrole déjà à bout de souffle.

En somme, tant que ces éléments ne seront pas réglés, j’ai beaucoup de difficulté à apercevoir une hausse majeure du baril dans les prochaines semaines, certains rebonds certes, mais un retour au prix de janvier, j’en doute.

 

L’économie américaine a effacé tous les gains d’emplois depuis la Grande Récession

Il n’a nécessité que cinq semaines à l’économie américaine pour faire disparaitre l’ensemble des gains d’emplois qu’elle a créés au cours des 11 dernières années.
En effet, la COVID-19 et les fermetures forcées d’entreprises à travers les États-Unis ont de nouveau stimulé le nombre d’Américains qui demandent des allocations de chômage de l’État, totalisant la semaine dernière 4,427 millions, a annoncé jeudi matin le Département du Travail américain. Les économistes interrogés par Dow Jones s’attendaient à 4,3 millions de nouvelles réclamations.

Ainsi, combiné avec les quatre rapports précédents sur les demandes de chômage, le nombre d’Américains qui ont déposé une demande de chômage au cours des cinq semaines précédentes est de 26,45 millions. Ce nombre dépasse les 22,442 millions d’emplois ajoutés à la masse salariale non agricole depuis novembre 2009, lorsque l’économie américaine a commencé à réintroduire des emplois dans l’économie après la Grande Récession.

De plus, avec une population active d’environ 165 millions d’individus, le 26.45 million d’individus signifie qu’il y aurait, en réalité, actuellement, environ 16% de chômage aux États-Unis.
Cependant, certains analystes y voient du positif. Selon Peter Boockvar, directeur des investissements chez Bleakley Advisory Group : « nous assistons probablement à un pic de demandes alors que les gens retournent au travail ».

En somme, à la suite de cette nouvelle, le S&P500 était en hausse de près de 1%.

Par Nicolas Gauthier, B.A.A. profil Finance et contributeur chez DayTrader Canada

 

Sources :
https://www.investopedia.com/investing/worlds-top-oil-producers/
https://www.cnbc.com/2020/04/21/oil-prices-saudi-arabia-is-the-winner-from-historic-price-collapse.html
https://www.cnbc.com/2020/04/21/usos-benchmark-is-the-near-month-crude-oil-futures-contract-traded-on-the-nymex-if-the-near-month-futures-contract-is-within-two-weeks-of-expiration-the-benchmark-will-be-the-next-month-contract-to-ex.html
https://www.cnbc.com/2020/04/21/negative-oil-prices-can-go-even-lower-as-coronavirus-and-storage-limits-ravage-crude.html?fbclid=IwAR2DV7aLnzXgxTh8Ng_5U-m7d33vsflNM_nR4sfyZkaoEeu1Iq-CEe9eoO8
https://www.bnnbloomberg.ca/quicktake/negative-prices-for-oil-here-s-what-that-means-1.1424306?fbclid=IwAR0ULv_t3VRqeeely21D11ZObHmdiR46eZef_2jEPpn0bOGhMCY90_DFvic
https://www.cnbc.com/2020/04/06/oil-prices-could-plunge-below-20-a-barrel-in-q2-as-demand-craters-cnbc-survey.html
https://www.cnbc.com/2020/04/23/the-us-economy-has-now-erased-all-job-gains-since-the-great-recession.html
https://daytradercanada.com/negociateur-actif/quest-ce-que-les-contrats-a-terme-et-les-e-minis/
https://www.cnbc.com/2020/04/22/the-oil-etf-trying-to-avoid-imploding-on-retail-investors-attempts-another-trick-with-reverse-split.html
https://www.marketwatch.com/story/the-biggest-oil-etf-is-down-more-than-30-this-week-with-retail-investors-the-biggest-losers-2020-04-21
https://www.etf.com/XLE
https://www.investopedia.com/terms/r/reversesplit.asp
https://en.wikipedia.org/wiki/Labor_force_in_the_United_States

 

Avis et déclaration:

L’auteur de ce billet déclare ne détenir aucune position dans les titres mentionnés et de ne pas avoir l’intention d’initier une position dans les 72 prochaines heures. Cet article est une opinion et ne doit en aucun temps être considéré comme un conseil en investissement.

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